NOTRE COMBAT

Défendre les victimes en justice pour obtenir réparation et faire condamner de leurs agresseurs, n'arrête pas l'homophobie ni la haine à la racine de ces préjugés.

 

L'homophobie est une des facettes de la haine et, malgré les procès et les rares condamnations, le nombre d'actes de violence ne faiblit pas. Au contraire, leur augmentation montre que la répression ne suffit pas à faire évoluer les comportements. Les agressions verbales et/ou physiques répétitives ont des conséquences néfastes sur la santé mentale et physique des victimes, en particulier chez les jeunes hommes où le taux de suicide est élevé.

 

Nous pensons que l'éducation aidera à changer le regard de la société sur les homosexuels. La multiplication d'échanges dans différents milieux (écoles, lycées, universités, entreprises, associations de quartier) autour des problématiques liées à l'homosexualité et à l'identité de genre, permettra de faire reculer les conceptions  moyenâgeuses dont les personnes de la communauté LGBTQI+ sont la cible.

 

Notre action se déploie sur trois axes de priorité :

 

  • Défendre en justice et protéger les victimes d'homophobie, LGBTphobie, sérophobie.

  • Éduquer le plus largement possible sur les problématiques des LGBTQI+.

  • Faire des plaidoyers pour l'inclusion des personnes LGBTQI+ dans la société.

 

L'homophobie affecte une personne homosexuelle dès qu'elle est en âge de s'affirmer ou qu'elle est identifiée comme telle par son entourage. Cela signifie que cette personne est victime d'homophobie dès son enfance et  jusqu'à la fin de ses jours. Elle sera donc l'objet d'attaques malveillantes quotidiennes, d'injures, de harcèlement moral, d'humiliations, de violences physiques dans tous les aspects de son quotidien et ce tout au long de sa vie.

 

Nous ne pouvons tolérer qu'une personne soit contrainte de vivre seule dans l'exclusion et la précarité, qu'elle soit bannie de sa famille, mise à l'écart dans son école, licenciée de son travail ou encore qu'elle subisse des violences physiques (viols, coups) pour son orientation sexuelle, son identité de genre et sa sérologie, sur la base de l'idée que se font quelques-uns, de la bienséance, de la morale, du savoir-vivre en société, de la volonté de Dieu.

 

Les droits des personnes LGBTQI+ sont des droits humains, et personne ne doit en être privé.

C'est pour cela que nous luttons partout où cela est possible afin de faire reculer ces idées de haine, principalement à l'école, au sein des familles et au travail.

 
 
JOHANN JEUNE HOMOSEXUEL HARCELÉ À L'ÉCOLE

Lutter contre les préjugés à l'école

L'école devient un lieu d'exclusion et de souffrances dès lors qu'un élève est identifié par les autres comme un homosexuel, un asocial.

Cet élève est stigmatisé par des moqueries, des insultes, du harcèlement, parfois des violences physiques. S'il n'est pas entouré par d'autres élèves qui le défendent il se retrouve seul, rejeté, par ses camarades. Cette mise à l'écart peut avoir des conséquences désastreuses sur sa scolarité et compromettre son avenir professionnel.

Pour le protéger, il faut éduquer, analyser les mécanismes de la haine et expliquer les préjugés qui alimentent l'homophobie.

 
ANTHONY CHASSÉ DE SA FAMILLE APRÈS SON COMING-OUT

Témoignage d'Anthony, chassé de sa famille après son coming-out

Pour de nombreux parents, l'annonce de l'homosexualité de leur enfant est un déshonneur.

Indissociable de l'impossibilité d'avoir une descendance, elle salit la réputation de la famille et, stigmatise les parents aux yeux du voisinage. En d'autres termes elle s'apparente à une trahison. Notre mission est d'expliquer, éduquer, faire de la médiation familiale pour renouer les liens si possible, faire tomber les idées préconçues afin d'éviter qu'un adolescent ne soit jeté à la rue, le plus souvent sans argent, choqué psychologiquement, sans savoir où aller, où dormir, et à la merci de tous les dangers (viols, violences physiques, drogue, prostitution etc.).

JULIEN LICENCIÉ APRES SON COMING-OUT AU TRAVAIL

Lutter contre les préjugés dans la société

Que ce soit au travail, dans l'administration ou dans un club de loisirs les personnes de la communauté LGBTQI+ sont parfois sujettes à moqueries pouvant dégénérer jusqu'aux violences physiques les plus sordides.

 

Cas 1 : meurtre d'un homosexuel après une partie fine. Ses assassins ont eu peur qu'il ne révèle leur bisexualité. Ils ont écopé de 20 et 18 ans de réclusion criminelle.

 

Cas 2 : un jeune homme homosexuel a été séquestré dans un squat et martyrisé durant plusieurs jours par ses bourreaux.

 

Cas 3 : viols collectifs et correctifs avec vente de prestations sexuelles d'une lesbienne droguée dans son sommeil à son domicile. Les criminels ont sollicité au préalable le concours d'un serrurier assermenté pour avoir les clés de la victime. Plainte classée sans suite.

Dans les trois cas, les faits se sont déroulés en Guadeloupe.

 

D'un point de vue historique et anthropologique, l'homosexualité a existé dans toutes les sociétés à diverses époques et fut considérée tantôt positivement, tantôt comme un crime.

La société guadeloupéenne fortement marquée par le poids des traditions et des dogmes religieux, qualifie l'homosexualité d'acte contre nature ou de trouble psychologique, en marge des mœurs et coutumes locales : « sa pa adan mès é labitid an nou », « ça ne vient pas de chez nous », « sé bitin à blanc, sé bitin a colon » « cela vient de la colonisation.».

 

Mais la haine ne s'arrête pas là. La justice reste sourde au sort des LGBTQI+, et classe sans suite des plaintes pour absence de preuves. Les criminels sont protégés, les enquêtes non effectuées par les policiers, les politiques réaffirment sans cesse leur désintérêt. La haine envers les homosexuels en Guadeloupe est inconditionnelle. Le machisme et l'influence néfaste de la religion érigent l'hétérosexualité en norme. Tout ce qui est en dehors de cette norme est interdit, tabou. Pour vivre une homosexualité épanouie aux Antilles, il faut vivre caché.

 

Pourtant, les homophobes savent mettre de côté leur haine pour obtenir satisfaction quand cela les arrange, quand il s'agit de sauver leur vie ou celle de leurs proches. On n'a jamais entendu un homophobe dire, avant d'entrer dans une salle d'opération, qu'il ne veut pas être soigné par un homosexuel. Peu lui importe l'orientation sexuelle des soignants, pourvu qu'il soit tiré d'affaire. Ne compte alors que la nécessité de survivre.

 

Autrement dit, si l'on peut délaisser les considérations personnelles au profit de ce qui est réellement important, il y a de l'espoir pour une intégration par la tolérance des homosexuels dans la société. L'acceptation d'autrui est donc une condition essentielle pour que tous puissent vivre dans une société plus ouverte, plus fraternelle.

C'est là notre combat.

 

 « Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat. »

Jean-Jacques Rousseau, écrivain, philosophe du siècle des Lumières,

 penseur épris de justice (1712-1778)